Destruction de la fonction publique en marche, le conseil économique, social et environnemental (CESE) confirme

Dans son avis «Lutter contre la précarité professionnelle par une économie plus inclusive » (1)  rendu le 24 février 2026 et consacré à la situation des travailleurs des secteurs privé et public, le CESE reprend à son compte l’analyse de notre Union syndicale sur la destruction – par touches successives – du statut de la fonction publique, l’accroissement de la précarité, le décrochage des rémunérations, sans oublier la dégradation des conditions de travail.

Une augmentation exponentielle et continue du nombre de contractuels

Ainsi,  « dans la Fonction publique, les formes d’emploi hors statut et plus précaires ont augmenté au cours des dernières décennies. En 2023, les agents contractuels représentaient 23,3 % de l’ensemble des effectifs publics contre 11% en 2011 » (page 39).

Une tendance qui ne doit rien au hasard mais tout à différents textes en particulier deux d’entre eux « [Les] loi (s) Sauvadet (2) de 2012 [et n° 2019-828 du 6 août 2019] pour la Transformation de la fonction publique de 2019 ont accéléré cette tendance avec la possibilité de recruter en CDD renouvelable ou en CDI public sur des emplois permanents, et également en CDD de mission pour des projets temporaires » (page 39).

Une tendance qui n’a rien d’anodine, en particulier sur la rémunération des contractuels qui – sauf exception – sont nettement moins rémunérés que les titulaires à fonctions et ancienneté équivalentes.

Nous sommes donc très éloignés des jérémiades de nos décideurs expliquant que les incessantes évolutions dans la fonction publique viseraient à résorber la précarité et améliorer les conditions d’emploi des agents publics…

Rémunération en berne

* Faisant référence à trois études publiées en juillet 2025 par l’institut national (INSEE) sur les rémunérations, le CESE rappelle qu’elles «  font état d’une diminution des salaires,corrigés de l’inflation, dans les trois Fonctions publiques tout statut confondu […] À volume de travail identique, les agents de la fonction publique perçoivent un salaire net moyen inférieur de 3,7 % à celui de leurs homologues du secteur privé, malgré leur âge et leur niveau de diplôme en moyenne plus élevés » (page 39).

Une diminution déjà ancienne dont vous pourrez vous faire une idée en vous rendant sur notre « Simulateur de perte de salaire, c’est ici ! » (3).

Des revalorisations indiciaires collectives et non individuelles via les primes

Tirant les conséquences de son constat accablant, « le CESE recommande d’augmenter les rémunérations des agents publics afin de compenser la perte réelle de revenus […] et d’accroître l’attractivité des carrières publiques via le volet indiciaire, par une revalorisation de points […et] la réévaluation des grilles lorsque, notamment, les premiers échelons sont rattrapés par les évolutions automatiques du SMIC » (page 41).

Et non par le recours à « la flexibilisation des rémunérations des fonctionnaires dont la part variable (primes) est passée de 14 % en 2000 à 22 % en 2022, notamment après la mise en place du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) » (page 40).

Pour lire la suite, télécharger le Tract avis CESE 24 02 26

Le 8 mars, toutes en grève !

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Le fémonationalisme est un racisme, pas un féminisme !

Depuis quelques années, les groupes fémonationalistes occupent régulièrement l’espace, poussés par un environnement médiatique résolument antiféministe.
Ces groupes prétendent défendre les femmes qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles. Enfin les femmes, pas toutes ! Pas les racisées. Pas les musulmanes. Pas les femmes trans.

Alors que les groupes fémonationalistes disent défendre « leurs » femmes, ils abandonnent et condamnent toutes les autres. Ce faisant, ils consolident l’ordre patriarcal. Ce n’est pas être féministe !

Surtout, les groupes fémonationalistes ne s’offusquent des violences faites aux femmes que lorsqu’ils peuvent en accuser ceux qu’ils considèrent comme « étrangers » et/ou musulmans.

Comme l’explique Sara Farris, les fémonationalistes instrumentalisent la cause des femmes pour dérouler un discours raciste, islamophobe et xénophobe. Leur projet ne défend les femmes que si elles entrent dans le cadre d’une vision traditionaliste de la famille, au sein d’une communauté ethnocentrée. Loin de lutter pour l’autonomie des femmes, ces groupes entendent leur imposer un modèle unique de féminité.

Au final, le prétendu féminisme des fémonationalistes est une dénonciation de façade des violences sexistes que subissent les femmes, qui ne bouscule en rien le patriarcat et la domination masculine, mais renforce les discours racistes et xénophobes. Et cela n’a rien de commun avec le féminisme qui toujours luttera pour l’émancipation et l’autonomie de toutes les femmes.

 

Lâchez leur le voile !

Qu’on force les femmes à porter le voile ou à le retirer, le problème est toujours le même : où est le choix ?

Pour dénier ce choix aux femmes musulmanes, prétexte est pris de leur prétendue soumission. Elles ne peuvent pas vouloir porter le voile et, si elles prétendent le contraire, c’est qu’elles sont endoctrinées. Il faut donc les libérer. Au besoin, contre leur gré.

Cette rhétorique nie toute forme d’agentivité aux femmes, toute autonomie. Elle les stigmatise et les exclut. Sous couvert de défendre les femmes musulmanes, on les violente encore.

Or, agir en féministe, ce n’est pas rabaisser les femmes, ce n’est pas parler à leur place. Agir en féministe, c’est lutter pour que chacune ait droit à l’autonomie. C’est défendre, sans relâche, la liberté, sans rien imposer !