Dans une décision du 20 juin 2019 (1), la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) , a jugé illégal le refus d’attribuer à un contractuel le bénéfice d’une prime au seul motif qu’il était en contrat à durée déterminée (CDD).
Les deux inspections confirment cette irrégularité substantielle dans leur rapport publié le 24 juillet 2026, ‘’Primes et indemnités dans la fonction publique de l’État’’ (2) : « La Cour de Justice de l’Union européenne, dans sa décision C-72/18 du 20 juin 2019, a jugé que le fait de réserver le bénéfice d’un complément de rémunération aux enseignants employés dans le cadre d’une relation de travail à durée indéterminée en tant que fonctionnaires statutaires méconnaissait la clause 4, point 1, de l’accord-cadre sur le travail à durée déterminée conclu le 18 mars 1999, si l’accomplissement d’une certaine période de service constitue la seule condition d’octroi dudit complément » (Annexe 1 – page 7).
Pourtant, dans la pratique, les employeurs publics de l’État continuent de ne pas en tenir compte, piétinant par conséquent une décision d’une juridiction européenne qui s’impose pourtant en droit national depuis sa publication.
Cet arrêt, à titre d’exemple, nos représentants du personnel à la préfecture de la Seine-Maritime l’évoquent souvent pour revendiquer auprès des préfet et secrétaire général de cette structure l’attribution du régime indemnitaire réservé aux seuls fonctionnaires aux contractuels.
Jusqu’alors sans succès, les membres du corps préfectoral s’abritant derrière le commode, c’est une décision qui relève de l’échelon…national.
Oubliant sans doute un peu trop rapidement, qu’en application des dispositions de l’article 1er du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 modifié relatif aux pouvoirs des préfets, à l’organisation et à l’action des services de l’État dans les régions et départements, « ils ont la charge […] du respect des lois […et] veillent à l’exécution des règlements. »
Il n’est jamais trop tard pour bien faire…étant entendu que, en matière de rémunération, « l’objectif poursuivi par le législateur est le respect du principe à travail égal, salaire égal [entre fonctionnaires et contractuels]» (Conseil d’État, 21 mai 2007, n°299307).
ILLÉGALITÉ DE LA NON ATTRIBUTION AUX CONTRACTUELS
DU RÉGIME INDEMNITAIRE :
SUD INTÉRIEUR SAISIRA LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE
Prenant appui sur le rapport des IGA/IGF, SUD INTÉRIEUR adressera prochainement un courrier demandant à Étienne STOSKOPF de prévoir cette attribution dorénavant, ou, à défaut, une compensation en points d’indice correspondants, la jurisprudence retenant comme critère principal pour la fixation de leurs émoluments « la rémunération accordée aux titulaires » que ce soit dans le cas d’un remplacement ou d’un recrutement en lieu et place d’un fonctionnaire (Conseil d’État, 28 juillet 1995, n°168605 ; Cour administrative d’appel de Lyon, 16 novembre 2010, n°09LY01955).
Pour lire la suite, téléchargez le Tract national Rapport IGA IGF