Lettre de Sud Intérieur à M N, Directeur…

Monsieur,

Le mardi 30 juin à 9h01, OZ 1789, délégué de Sud Intérieur (1), prenait attache avec votre secrétariat afin d’avoir, avec vous, immédiatement, une entrevue aux fins d’évoquer les curieuses appréciations que vous auriez portées contre notre syndicat lors d’une réunion.

La veille, plusieurs militants – dont OZ 1789 – avaient, dans le cadre de leur mandat syndical, diffusé, Porte Notre-Dame, le tract « A ceux qui ne s’en lavent pas les mains » . Les propos que vous auriez tenus à l’encontre de notre syndicat (appelé par vous, nous rapportait-on, « Sud Police ») nous y paraissaient tellement énormes que le texte était au conditionnel et l’auteur des faits non nommé. Nous nous proposions même, s’il devait avoir été « calomnié », de faire œuvre syndicale en le défendant.

La diffusion effectuée, nos membres poursuivaient ailleurs leur travail militant (ainsi, pour OZ 1789 en participant à une commission de l’Union syndicale Solidaires).

Quelques minutes après son appel, vous receviez M. OZ 1789 dans votre bureau. Autour de la table ovaloïde, dévolue aux entretiens entre l’Administration et les représentants du personnel, étaient également conviés Mme X W ainsi que – curieusement – le commandant fonctionnel Francis Duguesclin (peut-être fallait-il simplement voir en cette présence votre souhait d’une prochaine fusion des corps de Commandement et de Conception et direction ? Mais peu importe… Vous êtes libre de constituer comme vous l’entendez la délégation représentant l’Administration)…

Dès le début de l’entretien vous vous saisissiez d’un exemplaire du tract puis, le lisant point par point, vous précisiez que :

a.) les propos rapportés comme étant ceux de « l’orateur » de la « réunion » (en fait, le rapport directionnel – hebdomadaire – de la Direction…. ayant eu lieu le lundi 22 juin) étaient bien de vous. Et que vous vous y reconnaissiez encore,

b.) toutefois, n’ayant pas vu, vous-même, les courriels considérés, vous ne sauriez vous prononcer sur la structure et/ou les personnes ayant permis qu’« étrangement, ceux ayant mené la manifestation (…) (2) ont, dans le cadre d’échanges et mails préalables avec la Préfecture, démontré une connaissance du langage et des procédures policiers qu’ils ne sauraient avoir acquis par eux-mêmes » (cf tract « A ceux qui ne s’en lavent pas les mains »).

Bien que M. OZ 1789 se soit étonné qu’un Directeur d’un service actif de la Police Nationale puisse s’autoriser en public, à porter un jugement négatif sur la représentation syndicale et son expression légale, à attaquer une organisation membre d’une Union (Solidaires), signataire le 2 juin 2008 des accords de Bercy sur la Rénovation du dialogue social, vous persistiez à estimer qu’il n’était pas bien de « défendre » « les Gens de Tarnac ».

Nous vous rappelons que vous êtes fonctionnaire et en cela contraint à la neutralité républicaine.

Nous vous rappelons que si Sud Intérieur, dans le tract « Penser Tarnac et la récession qui vient » exigeait le respect des présomption d’innocence, secret de l’instruction ainsi que la non-instrumentalisation des médias, ces évidentes considérations étaient également partagées par plusieurs partis représentés au Parlement, des élus de tous bords ainsi que par des syndicats et structures de défense des droits de l’Homme.

Alors que l’entretien s’achevait, vous profitiez de la présence de M. Duguesclin, par ailleurs, chef de service d’OZ 1789 – lequel est officier et chef de groupe – pour tenter d’ouvrir une discussion sur un fonctionnaire ayant – comme il en a le droit – demandé sa mutation.

OZ 1789 vous interrogeant sur la nature d’une pratique consistant à soudainement biffer la parité pour vous muer en pure hiérarchie et évoquer – de manière restrictive – le champ professionnel dans un cadre syndical, vous affirmiez qu’il s’agissait dorénavant d’une « autre réunion ».

Notre délégué, vous faisait alors remarquer – courtoisement mais fermement – que devant la réalité d’un continuum constitué par une Unité de lieu, une Unité de temps et face aux mêmes personnes, votre désir paraissait relever d’un très incongru mélange des genres.

L’entretien se clôturait donc rapidement.

Nous vous prions tout particulièrement de vous expliquer sur ce dernier point.

Nous vous invitons à, désormais, respecter pleinement l’obligation de neutralité qui vous incombe.

Nous vous invitons à, désormais, ne plus faire d’amalgame entre les activités professionnelle et syndicale d’un fonctionnaire (ainsi, nous vous rappelons qu’il ne vous ne vous est pas permis de l’interroger ou le faire interroger – verbalement ou par rapport – sur des propos légitimement tenus dans le cadre d’un mandat).

Une simple reconsidération écrite (avec votre paraphe) des jugements antérieurement portés par vous, en public, sur Sud Intérieur et un engagement de votre part à un strict respect de la neutralité du service public auraient pour nous valeur d’apaisement…

Bien entendu, OZ 1789 fera usage, si nécessaire, du présent document.

Le Bureau de Sud Intérieur

P.S. : Afin d’éviter tout souci de réception, un exemplaire du présent vous aura été envoyé tant sur votre boîte mail professionnelle que, pour transmission, sur celle du chef de votre secrétariat particulier.

 
(1) Les identités ont été modifiées…
(2) Vous faisiez en l’espèce état d’un rassemblement protestataire tenu à Paris, un dimanche de juin.

Solidaires Unitaires Démocratiques Intérieur – Membre de Sud Collectivités Territoriales – Membre de l’Union Syndicale Solidaires – 13 juillet 2009